Les principes de conservation de l’eau de pluie en citerne
La récupération d’eau de pluie représente une solution économique et écologique pour de nombreux usages domestiques. La qualité de cette ressource dépend directement des mesures de protection mises en place dès l’installation et tout au long de l’utilisation de la citerne. Conserver l’eau de pluie dans des conditions optimales nécessite une approche méthodique qui combine collecte propre de l’eau et stockage approprié.
📌 Les 3 piliers de la qualité de l’eau de pluie :
- La prévention des contaminations
- La filtration de l’eau
- L’entretien régulier du récupérateur d’eau
Un système de récupération bien conçu permet de maintenir une eau claire, sans odeur et utilisable pour l’arrosage, le nettoyage extérieur ou les sanitaires. Cette qualité repose sur trois éléments : la prévention des contaminations, la filtration de l’eau et l’entretien régulier du récupérateur d’eau.
La protection contre les contaminations extérieures
L’étanchéité de la citerne pour un stockage approprié
Un couvercle étanche constitue la première barrière contre les pollutions. Cette fermeture hermétique empêche l’intrusion d’insectes, de rongeurs, de feuilles mortes et de débris végétaux qui favorisent le développement bactérien et la formation de dépôts organiques. Le stockage approprié de l’eau commence par cette protection élémentaire.
Les citernes enterrées bénéficient naturellement d’une meilleure protection contre les variations de température et la lumière, deux facteurs qui accélèrent la prolifération d’algues et de micro-organismes. Pour les cuves aériennes, un positionnement à l’ombre limite ces phénomènes et contribue à la prévention des algues.
La qualité des surfaces de collecte
La toiture représente la zone de captage de l’eau de pluie. Son état influence directement la propreté de l’eau récupérée. Les matériaux recommandés incluent les tuiles en terre cuite, l’ardoise et les bacs acier laqués, qui libèrent peu de substances dans l’eau de ruissellement. Une collecte propre de l’eau débute par le choix de surfaces adaptées.
⚠️ Matériaux à éviter absolument :
- Toitures en amiante-ciment ou en plomb
- Surfaces traitées avec des produits chimiques
- Toitures végétalisées ou accessibles aux animaux
Les toitures en amiante-ciment, en plomb ou recouvertes de produits de traitement chimique sont à éviter. De même, les surfaces végétalisées ou accessibles aux animaux augmentent les risques de contamination bactériologique et compromettent la qualité de l’eau de pluie.
Les systèmes de filtration et leur entretien
La filtration de l’eau en amont de la cuve
Un système de filtration s’installe entre la gouttière et la citerne. Les filtres à grille retiennent les feuilles et les gros débris, tandis que les filtres à tamis capturent les particules plus fines. Ces dispositifs nécessitent un nettoyage régulier pour maintenir leur efficacité et garantir une filtration de l’eau optimale.
La fréquence de nettoyage varie selon l’environnement : toutes les deux semaines en période de chute des feuilles, une fois par mois le reste de l’année.
La fréquence de nettoyage varie selon l’environnement : toutes les deux semaines en période de chute des feuilles, une fois par mois le reste de l’année. Un filtre obstrué réduit le débit de remplissage et peut déborder, laissant passer des impuretés directement dans la cuve. Le traitement de l’eau de pluie commence par cette étape de filtration mécanique.
Le dispositif de rejet des premières eaux
Les premières pluies lavent la toiture et concentrent les pollutions accumulées depuis la dernière averse. Un système de dérivation automatique évacue ces premiers litres chargés en poussières, pollens et résidus atmosphériques. Ce mécanisme améliore sensiblement la qualité de l’eau de pluie stockée.
Ce dispositif améliore sensiblement la collecte propre de l’eau. Il se réinitialise automatiquement après chaque période sèche, sans intervention manuelle, et constitue un élément du traitement de l’eau de pluie dès la phase de captage.
L’entretien régulier du récupérateur d’eau
Le calendrier des interventions et le nettoyage régulier de la citerne
Un entretien annuel comprend l’inspection visuelle de la cuve, le nettoyage des parois si nécessaire, et la vérification du bon fonctionnement de tous les équipements. Cette intervention se programme idéalement en fin d’été, lorsque le niveau d’eau est au plus bas. Le nettoyage régulier de la citerne prévient l’accumulation de sédiments et maintient la qualité de l’eau.
Calendrier d’entretien recommandé :
- Nettoyage des filtres : mensuel
- Nettoyage des gouttières : 2 fois par an
- Inspection complète de la cuve : annuel (fin d’été)
Les filtres demandent une attention plus fréquente. Leur nettoyage mensuel garantit une filtration optimale et prévient l’accumulation de matières organiques susceptibles de fermenter. L’entretien du récupérateur d’eau inclut également le nettoyage des gouttières, qui doivent être débarrassées des feuilles et débris au moins deux fois par an.
Les erreurs à éviter pour l’eau propre
L’ajout de produits chimiques dans la cuve, notamment d’antigel en hiver, compromet la qualité de l’eau et peut endommager les équipements. Les citernes correctement dimensionnées et enterrées résistent naturellement au gel. Cette pratique figure parmi les erreurs à éviter pour l’eau propre.
L’utilisation de biocides ou de désinfectants n’est pas recommandée pour une eau destinée à l’arrosage ou aux usages extérieurs. Conserver l’eau de pluie dans son état naturel reste la meilleure option pour les usages non potables.
L’utilisation de biocides ou de désinfectants n’est pas recommandée pour une eau destinée à l’arrosage ou aux usages extérieurs. Ces produits perturbent l’équilibre naturel de l’eau et peuvent s’avérer nocifs pour les plantes et l’environnement. Conserver l’eau de pluie dans son état naturel reste la meilleure option pour les usages non potables.
Les signes de dégradation et la surveillance des contaminants
Les indicateurs visuels et olfactifs
Une eau trouble, colorée ou dégageant une odeur désagréable signale un problème. Ces manifestations résultent généralement d’une contamination organique, d’un développement algal ou d’une stagnation prolongée. La surveillance des contaminants passe par cette observation régulière.
La présence de larves de moustiques indique un défaut d’étanchéité du couvercle. Ces insectes se reproduisent dans l’eau stagnante et leur présence justifie une intervention rapide pour identifier et corriger le point d’entrée. La prévention des algues et des insectes nécessite une vigilance constante.
Les actions correctives
Face à une dégradation constatée, la vidange partielle ou totale de la cuve peut s’imposer. Cette opération permet un nettoyage en profondeur des parois et du fond, où s’accumulent les sédiments. Le nettoyage des gouttières doit accompagner cette intervention pour éliminer les sources de contamination.
Méthode de nettoyage recommandée : Utilisez uniquement de l’eau claire et une brosse à long manche. L’utilisation de détergents est à proscrire, car leurs résidus contamineraient durablement la cuve.
Le nettoyage s’effectue avec de l’eau claire et une brosse à long manche. L’utilisation de détergents est à proscrire, car leurs résidus contamineraient durablement la cuve. Après rinçage, la remise en service peut être immédiate, permettant de conserver l’eau de pluie dans des conditions optimales.
L’optimisation du système de récupération
Le dimensionnement adapté pour un système de gestion intelligente
Une citerne correctement dimensionnée se vide et se remplit régulièrement, évitant la stagnation prolongée. Le volume optimal dépend de la surface de toiture, de la pluviométrie locale et des besoins en eau. Un système de gestion intelligente prend en compte ces paramètres pour maintenir la qualité de l’eau de pluie.
Pour un usage d’arrosage de jardin, un volume de 200 à 500 litres par 100 m² de toiture offre un bon compromis entre capacité de stockage et renouvellement de l’eau.
Pour un usage d’arrosage de jardin, un volume de 200 à 500 litres par 100 m² de toiture offre un bon compromis entre capacité de stockage et renouvellement de l’eau. Ce dimensionnement favorise un stockage approprié et limite les risques de dégradation.
Les équipements complémentaires pour une filtration avancée de l’eau
Un indicateur de niveau permet de suivre le remplissage et d’anticiper les besoins. Les modèles transparents facilitent également le contrôle visuel de la qualité de l’eau. Pour les usages plus exigeants, une filtration avancée de l’eau peut être envisagée avec des systèmes à cartouches ou à charbon actif.
Un système de trop-plein correctement dimensionné évacue l’excédent d’eau lors des fortes pluies, limitant les débordements et les infiltrations autour de la cuve. Cette évacuation doit être dirigée vers un point d’absorption ou un réseau d’eaux pluviales. L’entretien du récupérateur d’eau inclut la vérification régulière de ce dispositif.
Les aspects réglementaires
L’arrêté du 21 août 2008 encadre l’usage domestique de l’eau de pluie. Ce texte autorise l’utilisation pour les toilettes, le lavage des sols et, sous conditions, pour le linge, dans les habitations équipées d’un réseau de distribution séparé et signalé. Le traitement de l’eau de pluie doit respecter ces dispositions.
Usages autorisés de l’eau de pluie :
- Toilettes et lavage des sols
- Lavage du linge (sous conditions)
- Arrosage et nettoyage extérieur
Usages interdits : alimentation, hygiène corporelle, lavage de la vaisselle
L’eau de pluie reste interdite pour les usages alimentaires, l’hygiène corporelle et le lavage de la vaisselle. Ces restrictions visent à protéger la santé des occupants, l’eau de pluie n’étant pas potable sans traitement spécifique. Conserver l’eau de pluie pour des usages appropriés respecte ce cadre légal.
Une déclaration en mairie s’impose pour toute installation de récupération d’eau de pluie raccordée au réseau d’assainissement collectif. Cette formalité permet le calcul correct de la redevance d’assainissement et l’enregistrement du système de récupération.



